AMS


L'AMS  (Association des Métiers de la Musique) a été crée en Novembre 1999.

Elle compte 1500 membres possesseurs d'une carte. Elle est présente, quoique de manière inégale dans toutes les régions du Sénégal. Elle regroupe essentiellement des artistes interprètes mais aussi des managers, techniciens de son, producteurs de musique (au début), et autres acteurs de métiers de la musique.

L'AMS est membre de la FIM qui a eu à animer au Sénégal des formations qui ont considérablement contribué à renforcer les capacités combatives de l'AMS.

Sa création répondait à la nécessité de faire bouger les choses dans le  secteur de la musique qui était caractérisé par une absence particulière d'organisations capables de défendre les intérêts des professions qui le composaient. Cette absence d'organisations revendicatives a presque toujours caractérisé le monde de la musique. Il faut attendre les années 80 pour voir les premières tentatives d'organisation. Elles ont toutes échoué. Parmi les causes de ces échecs on peut noter :

Des pratiques organisationnelles caractérisées par le manque de transparence : par exemple l'utilisation à leur profit par les initiateurs,  de fonds levés pour financer le processus organisationnel

Une conception «charismatique » de l'organisation qui pensait que l'organisation devait se faire autour de certaines stars qui pour célèbres qu'ils étaient auprès du public, n'étaient pas capables de mettre en œuvre une dynamique fédératrice.

Une conception « démocratiste » de l'organisation qui posait qu'il fallait réussir d'abord à mobiliser tous les acteurs de la musique pour mettre en place une organisation.

Sur la base de la critique de ces différentes conceptions, et après de nombreuses concertations entre les acteurs de la musique (les artistes interprètes principalement) l'AMS s'est constituée en  1999 autour  d'un programme qu'on peut ainsi résumer :

Mobilisation pour un environnement juridique favorable : des mesures vigoureuses contre la piraterie, reconnaissance du droits des bénéficiaires des droits voisins, consécration du droit de rémunération pour la copie privée, réforme de l'unique organisme de gestion collective vers un statut qui consacre pleinement la souveraineté des ayants-droit.

Mobilisation pour une protection sociale des acteurs de la filière musicale.

Mobilisation pour une politique de formation des métiers de la filière musicale

Mobilisation pour la mise à disposition décentralisé d'infrastructures de base

Mobilisation pour une politique fiscale adaptée à l'industrie musicale

Mobilisation pour la circulation des œuvres et des artistes

Mobilisation pour la défense du patrimoine musical national.

 

POURQUOI LA FORME ASSOCIATIVE ?

La forme associative a  été choisie d'abord parce qu'elle était la plus simple et la plus rapide à mettre en œuvre. Il y a avait le souci, face à la tendance dominante de  caporalisation des syndicats par les partis, de préserver les acteurs de la filière musicale déjà difficiles à organiser,  de querelles partisanes susceptibles de mettre en péril tout projet organisationnel durable.

Une question se posait cependant : Comment la forme associative pouvait-elle concilier des intérêts différents au sein d'un même regroupement ? Il faut dire que l'AMS a toujours abordé les questions revendicatives du point de vue des intérêts des auteurs et artistes interprètes qui constituent l'écrasante majorité de ses membres et dont les créations et les interprétations sont à la base de toutes les exploitations des produits de la musique.

Par la suite, les producteurs de musique, en 2003, se sont constitués en une organisation autonome dénommée CIPEPS. Elle collabore activement avec l'AMS.

 

LES ACQUIS

L'AMS depuis  sa création est devenue progressivement porteuse des revendications de la filière musicale et sa voix est reconnue  et  considérée par les différentes parties prenantes du monde de la musique en particulier, de la culture de manière plus générale. Elle a joué un rôle déterminant dans l'adoption récente d'une législation sur le droit d'auteur et les droits voisins qui introduit la rémunération pour copie privée et admet la réforme de l'unique organisme de gestion collective vers une société civile. Elle a inspiré aussi les acteurs des autres filières du monde de la culture qui essaient aujourd'hui de s'organiser à travers des structures associatives pour faire entendre leurs revendications ; Elle a tissé un partenariat avec la Banque Mondiale pour un projet de développement des Industries Musicales en Afrique, projet pour lequel le Sénégal a été choisi comme  pays pilote. C'est d'ailleurs ce projet qui a appuyé financièrement tout le processus législatif qui  a abouti à l'adoption de la loi citée plus haut. L'AMS est entrain de dérouler actuellement sur toute l'étendue du territoire une grande campagne de formation des acteurs de la musique sur le droit d'auteur, les droits voisins et le droit des contrats. Ses formations à l'échelle nationale lui ont permis d'étendre son influence. Avec la nouvelle campagne de vente de cartes de membres qu'elle s'apprête à lancer, elle peut compter à coup sûr, sur une adhésion de 3000 membres

 

 LA SITUATION ACTUELLE AU SENEGAL

La situation au Sénégal est actuellement caractérisée par le fait que les acteurs  (de la culture en général, de la musique en particulier) s'éveillent à leurs droits et comprennent de plus en plus la nécessité de s'organiser pour défendre leurs intérêts. La forme associative est la forme dominante ou unique pour les raisons citées plus haut. Mais il faut noter que du fait de l'absence d'une tradition d'organisation, l'expérience fait défaut bien que la volonté soit grande. Il y a dès lors une grande demande en formation des  acteurs pour :

·         réfléchir sur les formes organisationnelles les plus efficaces pour  atteindre les objectifs revendicatifs.

·         Renforcer leurs capacités   en négociation collective

 

Des ateliers nationaux de formations porteront sur:

·         Les principes de base qui doivent régir  l'organisation de l'AMS

·         La meilleure manière d'instaurer et de développer le dialogue social

et la négociation collective 

·         L'implication des femmes dans la vie de l'AMS

 

CONCLUSION

Le Sénégal vient d'adopter une législation sur le droit d'auteur et les droits voisins dans l'élaboration de laquelle les acteurs du monde de la culture, l'AMS en premier lieu a joué un rôle déterminant. Ce texte, de bonne facture n'aura de sens que dans son application réelle. Chacun sait que cette application se heurtera à de grandes difficultés réelles que seule une bonne mobilisation organisée pourrait permettre de surmonter.

L'expérience de l'AMS est unique en Afrique de l'Ouest et les acquis obtenus grâce à son action, si elles sont renforcés vont à coup sur faire tache d'huile dans la sous région. Il y a aussi que la dynamique organisationnelle en cours au Sénégal mérite d'être confrontée et canalisée vers de bonnes pratiques en s'enrichissant de l'expérience de lutte acquise ailleurs.

 

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